Auteur d’une interception de plus de 50 mètres dès la 3e minute de jeu, le talonneur de Castres a signé un des exploits de cette journée. Retour sur un raid solitaire pas banal...

Trois essais cette saison, trois essais contre Grenoble. Il faut croire que le FCG est un adversaire qui vous inspire !

Je prends ce qu’il y a à prendre… Cette équipe de Grenoble m’a réussi cette saison, tant mieux.

Avez-vous craint de ne pas aller au bout sur votre interception ?

Quand j’ai levé une première fois le regard en direction de l’en-but, le terrain m’a paru sacrément long… Au bout de quelques foulées, je me suis retourné une première fois, et j’ai vu Mathieu Ugalde qui me poursuivait. Une deuxième fois, j’ai vu un ailier qui arrivait en travers… Là, je me suis dit : « P..., il revient vite, ce c...» Quand on joue devant, on n’a pas forcément l’habitude de ce genre de situation, même si ça m’était déjà arrivé dans le passé ! Alors, je me suis dit : « Maintenant, tu ne te retournes plus » et j’ai essayé d’aller le plus vite possible, en visant le coin. Heureusement, l’avance que j’avais prise m’a suffi pour aller au bout…

Pour la note artistique, en revanche, on imagine que vos coéquipiers ne vous ont pas manqué…

Les mecs m’ont déjà pas mal chambré au sujet de mon plongeon, oui… (rires) Ils m’ont dit que j’aurais pu faire l’effort de décoller plus haut. Mais le terrain était dur, je n’avais pas non plus envie de me faire mal. Encore moins de faire une bêtise au moment d’aplatir…

On a senti que, sur le coup, votre anticipation ne devait rien au hasard…

Je la vois venir, oui. J’avais pas mal travaillé à la vidéo dans la semaine, nous avions d’ailleurs identifié que lorsqu’ils se trouvaient bloqués en bout de ligne, les Grenoblois n’hésitaient pas à relancer le jeu avec une ou deux longues passes pour un bloc d’avants au milieu du terrain. Là, quand j’ai entendu Matthieu Ugalde appeler ses partenaires, j’ai compris ce qui allait se passer, et j’ai décidé d’anticiper. J’ai eu la chance de viser la bonne ligne de passe, et cela m’a souri. Cet essai nous a permis de prendre l’avantage assez rapidement dans le match, et de faire la course en tête. C’est toujours bon à prendre… Cela nous a permis de nous appliquer à bien défendre, à imposer de la pression, et rester dans notre plan de jeu. On avait insisté là-dessus, c’était important de garder la maîtrise, surtout dans un match à l’extérieur. 

Au-delà de votre essai, il semble que le CO avait parfaitement préparé son affaire cette semaine, en analysant le jeu grenoblois dans le moindre détail pour mieux le bloquer.

En cas de défaite, Grenoble serait revenu à cinq points de nous. Quand tu es une mauvaise période comme celle-là, tu t’accroches toujours à des choses simples : mettre de l’agressivité, bien défendre. Et pour cela, bien étudier l’adversaire est important. Tout le monde fait de la vidéo, tout le monde essaie de déceler des failles chez les autres. Certains week-ends, on le fait un peu mieux, ou on a juste la chance que cela marche mieux que pour les autres.

L’autre tournant du match ne réside-t-il pas dans ces interminables arrêts de jeu passés sur votre ligne d’en-but, où votre équipe est malgré tout parvenue à empêcher les Grenoblois de franchir la ligne ?

Cette série de mêlées démarre sur un ballon que l’on récupère bien en défense, mais qu’on oublie de taper et qu’on re-perd ensuite. Autant dire que nous avions le sentiment de nous être mis dans la m…. tout seuls. Le fait de ne pas encaisser d’essai sur ce long temps fort grenoblois nous a mentalement renforcés. Quand une équipe est dans le dur ainsi que nous l’étions ces derniers temps, c’est bon de pouvoir se raccrocher à des moments forts comme ça.

 

Nicolas Zanardi

Journaliste

En 2007, le petit Nicolas (172 cm), au journal depuis 2006, a succédé à Jacques Souquet à la tête de la rubrique «technique». Champion de France d'Excellence B avec Voiron en juin 2014, il peut parler avec un talent égal du placement de Chris Masoe en zone 3, de la «rush defense» dont il estime l'apparition fin 2006 aux London Waps ou de la technique aboutie de Richie McCaw et Owen Franks dans l'exercice du contre-ruck. Isérois de naissance, il n'a jamais pardonné à l'arbitre Daniel Salles l'essai accordé au Castrais Gary Whetton en finale du championnat de France, face à Grenoble (14 à 11) en 1993. Il venait d'avoir dix ans...

Réactions

Commentaires

c est vraiment la seule action du co lors de ce match le reste du match ca etait fautes sur fautes avec a cle 2 cartons jaunes