Grâce notamment à leurs internationaux français, tous en vue après un mois passé à Marcoussis, les Stadistes ont surclassé leurs adversaires et conforté leur deuxième place.

Ils étaient attendus, les joueurs internationaux du Stade toulousain, dont la plupart squattaient à Marcoussis depuis un mois. La dernière fois que le club a compté autant d’absents durant une période de doublons, c’était lors de la saison 2015-2016, à l’occasion du Tournoi des 6 Nations. Entre le début et la fin de compétition, les Rouge et Noir étaient passés de la première à la sixième place du Top 14. Leur retour était donc une aubaine. La différence cette année ? C’est que les supposés seconds rôles ont fait plus qu’assurer l’intérim. Face à Bordeaux-Bègles ou à Pau, ils ont engrangé neuf précieux points qui ont confortablement installé Toulouse à la deuxième position au classement. Avant d’accueillir le Stade français et à l’instant de retrouver plusieurs cadres du vestiaire, le discours du staff était tout trouvé, comme William Servat vendredi : « Il y a un groupe qu’il faut constituer, qu’il faut faire travailler ensemble avec beaucoup de jeunes ayant parfois connu des débuts difficiles. Aujourd’hui, sur l’enchaînement des matchs, ils nous ont prouvé qu’ils pouvaient devenir de grands joueurs quand ceux actuels ne sont pas là. Avoir autant de qualité, de jeunesse et de fouge à l’entraînement est très agréable car ces garçons se responsabilisent. » Mentions particulières aux Mauvaka, Tolofua, Pagès, Bonneval ou Tauzin dont aucun n’était aligné dans le XV de départ ce dimanche.

« Envie de rejouer avec leur club »

Si les entraîneurs avaient choisi d’accorder une semaine de vacances obligatoires à David Ainu’u, Leonardo Ghiraldini et Piula Fa’asalele, revenus de sélections états-unienne, italienne et samoane, ils avaient décidé de mettre tous les Bleus sur le pont (hormis Médard indisponible après sa commotion contre l’Argentine). « Nous avons la chance d’avoir de nombreux internationaux aujourd’hui et c’est le résultat du travail de l’équipe entière depuis le début de saison. Mais ce ne sont pas toujours des périodes faciles à appréhender, avoue Servat. Cela demande notamment une gestion des emplois du temps. » Mais Marchand, Bezy, Dupont et Huget étaient déjà mis à contribution. Peut-être le moyen de leur faire oublier leurs malheurs avec le XV de France ? « Ils sont tous revenus dans un état d’esprit très positif, répond l’ancien talonneur. Ils avaient envie de rejouer avec leur club ou de jouer tout court pour certains. » Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça s’est vu. Yoann Huget, déjà bon contre les Pumas et les Fidji, s’est offert un doublé plein de rage et de détermination. Julien Marchand, qui a célébré ses débuts avec les Bleus une semaine plus tôt, a encore démontré à quel point il était en forme ces derniers mois, en s’offrant un essai venu récompenser l’énorme domination des avants toulousains.

Bezy-Dupont, duo gagnant

Et que dire du duo formé par Sébastien Bezy et Antoine Dupont, associés pour la première fois au coup d’envoi d’une rencontre ? Le premier, dans le sillage d’un début de saison canon, a géré et alterné à merveille le jeu des siens. Et le deuxième, demi de mêlée dont la polyvalence plaît de plus en plus à Ugo Mola au point de le titulariser à l’ouverture, a constamment su mettre de la vitesse au cœur des séquences rouge et noir et de l’incertitude dans la défense parisienne. En clair, même s’ils n’avaient pas croisé la route de leurs partenaires pendant quatre semaines, les boss ont rapidement repris les choses en mains et poursuivi la dynamique actuelle. Jusqu’à littéralement surclasser un concurrent direct pour les phases finales. « Il y a des joueurs qui se réapproprient le jeu du Stade toulousain, même si le premier objectif reste de gagner, se réjouissait Servat vendredi. Mais nous ne sommes jamais plus en danger que lorsqu’on se sent bien. Nous sommes dans cette situation et elle est d’autant plus périlleuse que nous récupérons des joueurs majeurs. Nous avons besoin d’être au moins aussi performants que ce que nous avons été dans un passé très récent. Ils doivent donc assumer leur statut et être au niveau de ceux qui les ont remplacés en leur absence. » Ils l’ont fait.

Jérémy Fadat

Journaliste

Pourquoi chercher à opposer football et rugby ? Jérémy est la preuve vivante que l'ont peut aimer ces deux sports avec une même passion. Un homme qui pourrait se retrouver dans les propos de Yannick Nyanga, à l'automne 2012 : « C'est nul de comparer les choses, de vouloir diviser les gens. Moi, j'aime toutes les équipes de France… Bien sûr que le rugby a des valeurs fortes, mais les autres sports aussi. Je n'ai jamais fait de foot, je ne sais pas comment cela se passe... Mais comparer, diviser, dire que c'est mieux ailleurs, qu'est-ce qu'on en sait ? » Chez Fadat aussi, point de comparaison ! Corrézien pur jus, Jérémy fut donc footballeur à Brive comme à Tulle, et supporter au stade Amédée-Domenech. Passionné, intègre et parfaitement installé au sein du microscome rugbystique, il est toujours prêt à débattre.