Après cinq défaites de rang, Toulon a retrouvé le parfum de la victoire face à l’USAP. Mais face au dernier du Top 14, les doutes sont loin d’être levés.

«Qu’importe le flacon, pourvu que l’on ait l’ivresse. » La maxime d’Alfred de Musset s’adapte à merveille à la prestation des Toulonnais face à l’Usap. Dans son choc de la peur face au dernier de la classe, le RCT a renoué avec le succès (26-16). Et c’est bien là l’essentiel. Dans les travées de Mayol, les sourires étaient même de retour, bien loin de la sinistrose post-défaite une semaine plus tôt face à La Rochelle. Au-delà du parfum de la victoire, flottait dans les vestiaires une odeur de pizzas. Quelques dizaines ont été livrées dans les vestiaires pour fêter la victoire avant de se séparer pour une semaine de vacances. Mais en d’autres temps, il n’y aurait pourtant pas eu de quoi se satisfaire d’une telle prestation. 

Savea lancé ?

Devancé à la pause, et sorti sous les sifflets de Mayol, Toulon s’est fait croquer dans les rucks par les Catalans et a encore péché par maladresse ou mauvais choix, tout en faisant preuve une nouvelle fois d’un manque de liant plus qu’inquiétant sur certaines phases de jeu. Mais après cinq défaites consécutives, on se contente de peu. « Au-delà de la victoire, je retiens notre deuxième période », plaidait Sébastien Tillous-Borde. Et l’adjoint de Collazo, toujours boudeur face aux médias, de poursuivre : « Nous avons été fébriles sur les conservations de balle en première mi-temps, ils nous ont attaqués dans les rucks et nous n’avons pas eu de sortie de balle rapide. Nous avons un peu haussé le ton et remis de l’ordre à la pause et les mecs ont bien réagi. »

La réaction, justement, est intervenue suite à une charge de Romain Taofifenua. Dans la foulée, Julian Savea a été alerté. Et événement, le « bus » a retrouvé la marche avant. Pas vraiment en réussite depuis son arrivée sur les bords de la Rade, le champion du monde all black n’a fait qu’une bouchée de Farnoux pour planter son premier essai en France. « C’est forcément spécial pour moi, mais l’essentiel reste l’équipe et le caractère démontré sur ce match », confiait-il humblement. Pour l’occasion, le Néo-Zélandais était positionné au centre. Un coup sorti du chapeau de Collazo. « Nous avons commencé à lui en parler il y a deux semaines. Il n’avait rien contre. Nous lui avons demandé des choses simples. Il a fait une bonne seconde période », jugeait Tillous-Borde. Le principal intéressé, joue la carte du collectif quand il évoque ce positionnement. « C’était un challenge, mais les présences de François (Trinh-Duc) et Malakai (Fekitoa) autour de moi ont été d’une grand aide. Nous faisons ce qu’il faut pour l’équipe, si Patrice me demande de jouer centre j’y joue », poursuivait-il dans un sourire. À ses côtés, son compatriote Malakai Fekitoa a été moins en verve. Sur une attaque initiée par Hugo Bonneval, puis prolongée par Daniel Ikpefan au pied, « Mala » n’a su maîtriser le ballon dans l’en-but catalan sur un essai offert sur un plateau. « Je regrette que l’on ne marque pas sur cette action. Nous aurions pu avoir un déclic derrière. C’est un peu frustrant », confessait Tillous-Borde. Rien de grave au final, mais cette action reste symptomatique de ce RCT. La victoire a permis de panser quelques plaies mais le patient toulonnais est encore loin d’être guéri.

Par Fabrice Michelier.

 

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