Au-delà d’aligner un cinquième succès d’affilée, qui les place au rang de deuxièmes du Top 14, les Stadistes ont encore impressionné contre Bordeaux-Bègles (40-0), malgré de nombreuses absences.

Pendant quatre jours, les Toulousains ont vu leur centre-ville envahi par deux machines géantes : un minotaure et une araignée, qui avaient attiré plusieurs centaines de milliers de personnes. Mais elles ne furent pas les seules à assurer le spectacle dans la Ville rose ce week-end. Samedi soir, les joueurs stadistes ont livré un nouveau récital contre l’Union Bordeaux-Bègles (40-0). Comme à Bath, face au Leinster ou à Perpignan. « C’est une belle période dont on profite, savoure l’entraîneur Régis Sonnes. Il y a des absents depuis un petit moment mais cela ne nous empêche pas d’être performants. » Effectivement, touchés par les blessures, les suspensions ou le départ à Marcoussis de leurs internationaux français, les Toulousains restent sur leur nuage, avec cinq succès d’affilée, toutes compétitions confondues, qui leur permettent d’être leaders de leur poule européenne et dauphins de Clermont en Top 14. « La Champions Cup a mis le groupe en confiance », assure Arthur Bonneval, auteur d’un doublé contre les Girondins. Et ça se voit dans le jeu. Les hommes changent, pas les ambitions. Dans la lignée de l’exercice passé, les troupes d’Ugo Mola continuent à être audacieuses et entreprenantes, à se nourrir des ballons de récupération pour mieux s’engouffrer dans le moindre intervalle et crucifier l’adversaire. « Depuis le début de saison, les contre-attaques et les turnovers sont une de nos forces, reconnaît François Cros. Il faut qu’on s’appuie dessus et qu’on continue à marquer sur ces phases. Dans le désordre, on arrive à faire des coups. C’est aussi l’ADN du Stade toulousain. » Ce que confirme Sonnes : « C’est notre truc. On cherche à mettre du mouvement, à jouer debout, à avoir de la continuité. » Il faut dire qu’avec des profils de relanceurs comme Ramos ou Kolbe, encore stratosphérique face à l’UBB, les choses peuvent aller très vite. Ce qu’ont pu constater les Girondins. « Franchement, on kiffe, se marre Bonneval. On est en confiance et, quand tu ne l’es pas, tu ne fais pas la passe de plus. » Là, lui et ses partenaires la tentent et la réussissent.

François Cros : « Pourvu que ça dure »

Staff et dirigeants craignaient pourtant le rendez-vous de cette 9e journée. Mais, malgré une composition encore profondément remaniée, les Stadistes ont impressionné. Au vu du programme qui les attend en décembre, et à la grâce de leur convaincant succès, l’encadrement a même accordé aux joueurs deux semaines de vacances plutôt qu’une (sauf pour les internationaux bien sûr et les éléments retenus avec les Barbarians qui n’en auront qu’une). Si bien que ce répit pourrait presque freiner l’euphorie actuelle… « Il y a plusieurs façons de voir les choses, note Cros. La dynamique était bonne donc il ne faut pas que la trêve nous coupe. Mais d’un autre côté, il ne faut pas attendre qu’elle baisse pour souffler. Elle est donc aussi bienvenue pour se régénérer et se vider la tête. On l’a méritée. » Et de prévenir : « Il ne faut pas s’enflammer car la saison est longue. Mais il fallait montrer ce visage. On sait en être capable maintenant. Depuis un certain temps, le stade se remplit, avec une ambiance de plus en plus folle, l’équipe gagne. Tout ça nous aide à produire un jeu plaisant. Pourvu que ça dure. »

Jérémy Fadat

Journaliste

Pourquoi chercher à opposer football et rugby ? Jérémy est la preuve vivante que l'ont peut aimer ces deux sports avec une même passion. Un homme qui pourrait se retrouver dans les propos de Yannick Nyanga, à l'automne 2012 : « C'est nul de comparer les choses, de vouloir diviser les gens. Moi, j'aime toutes les équipes de France… Bien sûr que le rugby a des valeurs fortes, mais les autres sports aussi. Je n'ai jamais fait de foot, je ne sais pas comment cela se passe... Mais comparer, diviser, dire que c'est mieux ailleurs, qu'est-ce qu'on en sait ? » Chez Fadat aussi, point de comparaison ! Corrézien pur jus, Jérémy fut donc footballeur à Brive comme à Tulle, et supporter au stade Amédée-Domenech. Passionné, intègre et parfaitement installé au sein du microscome rugbystique, il est toujours prêt à débattre.