Jean-Baptiste Barrère - Flanker de Béziers. Les Biterrois décrochent leur quatrième succès à domicile et remontent à la huitième place.

L’intéressé, est un peu le poil à gratter de tous les attaquants qui viennent le défier à la Méditerranée. Ils ont beau se déplacer aux quatre coins du terrain pour s’en débarrasser, pas moyen, il leur colle à la peau ! Les "Oyomen" peuvent en témoigner. Eux, qui ont croisé jeudi la version "transcendée" de Jean-Baptiste Barrère, habité par la rage : "À Carcassonne (défaite 43-17, N.D.L.R.) ce n’était pas notre vrai visage et on a morflé toute la semaine. Tout le monde nous a tapés dessus, en disant qu’on était des bons à rien qui ne tenaient pas à ce club. Et on avait donc à cœur de faire une grosse partie. L’équipe est allée chercher la victoire avec ses tripes." 

Touché comme rarement, peut-être par les mots durs des supporters biterrois, autant fidèles qu’impatients, ou par la sortie virulente et à charge contre le groupe du capitaine Jonathan Best après Carcassonne, le flanker clôt ensuite le sujet : "Il y a des week-ends où ça ne veut pas "rigoler", ça arrive à tout le monde. D’accord, cela faisait trois matchs qu’on passait à côté à l’extérieur, mais on bosse dur. Ce soir (jeudi), c’est la réaction d’un groupe vexé qui voulait faire taire tous ces parasites autour de lui. On a réussi à se resserrer, se souder, pour remettre les pendules à l’heure."

Changement de stratégie payant

Les Héraultais ont de l’honneur et du caractère. Menés de neuf points à la mi-temps (10-19), ils ont infligé un cinglant 14 à 0 aux visiteurs en deuxième période. "Le groupe aurait pu "s’effriter" puis lâcher. Mais à la place, il est parvenu à se rebeller pour arracher ce succès à l’orgueil. Je pense que cette victoire va nous faire du bien", précise-t-il. Leader de la révolte biterroise, J-B Barrère a livré un second acte de feu. Travailleur acharné et besogneux comme à son habitude, il s’est aussi illustré en attaque où l’ASBH avait ciblé l’axe après la pause. En misant sur le jeu direct et simple, d’une redoutable efficacité. Dans lequel l’intéressé et surtout Tyrone Viiga, ont fait des dégâts. "À la mi-temps, on s’est dit que sur les largeurs, nos adversaires étaient trop bien en place. Il fallait donc changer notre style de jeu pour les prendre dans l’axe où on a réussi à trouver de l’avancée et à scorer." 

À coups de pick and go et de charges frontales, Béziers s’est adjugé la possession du ballon et a progressivement détruit la défense d’"Oyo". Tout en gardant la tête froide dans un contexte bouillant : "C’était très à la limite, de leur côté comme du nôtre ! C’était un match très engagé et on a réussi à rester très concentrés et disciplinés, après avoir été très pénalisés en première mi-temps. On a su rester plus "froid" qu’eux et cela à fait la différence." Revenus à deux longueurs du dernier qualifiable pour les phases finales, les Rouge et Bleu (8e) peuvent rester ambitieux : "Il faut désormais gagner cette régularité à Colomiers face à une super équipe, en trouvant ce déclic qu’on a eu à la maison." Une ritournelle…

Par Julien Louis 

Midi Olympique

Le journal du rugby depuis 85 ans.
Midi Olympique vous attend en kiosque chaque lundi et chaque vendredi, ici sur le web et sur Twitter