Jean-Frédéric Dubois - Entraîneur des trois-quarts de Montauban. Après de belles années en Top 14 et une expérience malheureuse auprès du XV de France, le technicien retrouve le Pro D2. Avec beaucoup d’envie et d’ambition.

Comment se sont noués les contacts avec l’US Montauban ?

J’ai eu quelques autres contacts avec d’autres clubs mais l’élément déterminant dans ma venue à Sapiac a été ma rencontre avec « PP » Lafond. J’avais déjà entendu parler de lui - en bien - et j’avais hâte de le rencontrer physiquement. Je suis venu ici, à Montauban, et j’ai passé deux jours à ses côtés. Il m’a présenté le club, ses infrastructures. On a beaucoup échangé sur notre vision du rugby et sur le fond du jeu que l’on voulait donner à l’équipe. J’ai été séduit par le projet. Il reste du travail, notamment autour des infrastructures, mais le club se donne les moyens de progresser. Il faudra du temps, mais toutes les strates de l’USM travaillent beaucoup et tous les dossiers avancent. En résumé, l’idée de signer un bail de trois ans pour essayer de tirer le meilleur de cette équipe et de ce club ambitieux en formant un duo avec Pierre-Philippe m’a emballé. Il n’y a plus qu’à !

Vous sortez d’une expérience auprès du XV de France où vous avez côtoyé l’élite du rugby mondial. N’avez-vous pas peur de « rétropédaler » vers le Pro D2 ?

Non, je n’ai aucune crainte là-dessus, bien au contraire. J’espère que je pourrai faire partager aux joueurs montalbanais l’expérience que j’ai pu acquérir au plus haut niveau. Lorsque j’y réfléchis, j’ai le sentiment de ne jamais avoir vraiment quitté le Pro D2 parce que tout a été très vite pour moi. Après mes trois ans passés à Massy, j’ai accompli deux saisons en Top 14 au Stade français avant d’aller auprès de l’équipe de France. En à peine cinq ans, je suis passé de la Fédérale 1 au niveau international en passant par le Pro D2 et le Top 14. Revenir en Pro D2 m’enchante. Le niveau international est passionnant mais le découpage de la saison est assez particulier. On travaille par périodes avec de longues coupures. Certes, on « débriefe » et on se déplace dans les clubs pour voir les joueurs mais le contact avec le terrain n’est pas très régulier. Là, je serai sur le pré tous les jours et j’avoue que cela me manquait. On construit quelque chose au quotidien. La vie d’un club est très intéressante en cela. 

Quel est le style de jeu que vous prônez ? On se souvient de vous, joueur, comme d’un attaquant racé…

Je considère encore ce métier et ce sport comme un jeu. Je veux essayer de tendre vers un rugby total. On a la chance de pouvoir vivre de notre passion et je garde toujours à l’esprit cette notion de jeu. Même si nous sommes désormais professionnels et qu’il y a de la pression. L’idée, c’est de lire les situations et de proposer la meilleure réponse possible en ayant une capacité d’adaptation prononcée. Attention, cela ne veut pas dire que je veux tout jouer à la main ! Mais j’ai la faiblesse de penser que le rugby de destruction n’a plus d’avenir et que l’on doit tendre vers un rugby d’évitement et de vitesse. On voit que même les Sud-Africains - réputés pour leur rugby physique - sont en train d’entamer une mue… Ici, je vais pouvoir m’appuyer sur l’excellent travail déjà effectué par Chris Whitaker qui a bien dégrossi le sujet lors des deux précédentes saisons.

Quel est votre objectif en signant à Montauban ?

Faire aussi bien que ce qui a été fait dans un passé récent. Avec le budget du club, les derniers résultats sont exceptionnels. Plus les années passent, plus les candidats au top 6 sont armés et nombreux. À Montauban, on ne se dit pas qu’il faut monter. Mais nous voulons ancrer durablement le club dans les 20 meilleurs de France. Il faudra bien gérer ce championnat à deux vitesses avec une première phase qui demande de la régularité pour terminer dans les 6 avant d’enchaîner sur une phase finale où tout sera possible.

Propos recueillis par David Bourniquel.

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