Auteur du seul essai français, l’ailier clermontois a fini sa soirée à l’hôpital. Forfait pour le reste de la tournée, il ne sera pas remplacé dans le groupe France.

Il a eu beau lever le pouce en quittant la pelouse, la violence du choc n’augurait rien de bon. Le verdict est tombé dans la nuit de samedi à dimanche. Rémy Grosso est forfait pour le reste de la tournée. Le double plaquage de Sam Cane et de Ofa Tu’ungafasi juste avant l’heure de jeu, pour une spectaculaire prise en sandwich, a fait des dégâts. L’auteur du seul essai français, en début de match, souffre d’une « fracture du sinus frontal et ethmoïdal, nécessitant une période de soins et d’observation avant d’envisager son retour en France. » Dimanche, Rémy Grosso avait encore le visage gonflé et il était difficile d’apercevoir son œil gauche. 

Cette blessure, qui n’a entraîné qu’une seule pénalité en faveur des Bleus sans que l’arbitre ne fasse appel à la vidéo, a été un fait marquant de ce premier test, nourrissant la polémique sur la clémence des arbitres envers les All Blacks, d’autant plus que Paul Gabrillagues avait reçu un carton jaune quelques minutes plus tôt pour un plaquage, certes, interdit, mais bien moins dangereux. Après la rencontre Jacques Brunel était lui aussi assez perplexe par rapport à ce fait de jeu : « Il serait bien qu’il y ait une nouvelle vision de cette situation, car il y a un gros problème avec Rémy. Sa blessure est assez grave et elle est arrivée d’une manière dangereuse et illégale. » Le staff de l’équipe de France a donc revu les images. 

Alors que la polémique grandissait, Jacques Brunel est revenu sur sa première analyse : « Samedi à la conférence de presse, j’avais considéré ce geste dangereux et illicite. J’avais vu une image qui n’était pas la bonne. Je crois en fait qu’il s’agit en fait d’un geste, tête contre tête. Sur une image, on croit voir qu’il prend l’épaule dans la tête. Mais j’ai visionné une autre image qui me laisse à penser qu’il s’agit d’un tête contre tête. Sur la première image, j’avais dit illicite. Sur la deuxième, je pense que c’est accidentel. Même si, dans la même veine, je trouve que le carton jaune de Gabrillagues est dur. »

Un message de Tu’ungafasi 

Un retour au calme accentué par les excuses d’Ofa Tu’ungafasi sur twitter : « Rémy, j’espère que tu te remets bien. C’était un match physique et ce n’était pas mon intention de te faire du mal. Je suis déçu de ne pas avoir eu l’occasion de te voir après le match et de ne pas avoir pu te rendre visite à l’hôpital ce dimanche matin avant notre départ mais j’espère vite te retrouver frère. » Un message apprécié par l’ailier français remis de ses émotions : « Pas de problème, frère ! Le rugby est un sport physique ! Merci pour ton soutien ! à bientôt. » 

Un accident néanmoins lourd de conséquences pour le sélectionneur : « Cette blessure nous gène particulièrement. On avait constitué deux groupes pour disposer d’un effectif suffisant, en fonction de toutes les éventualités et blessures. Nous avions fait le choix de mettre peu de trois-quarts avec les Barbarians, et beaucoup avec le XV de France. Le transfert, chez les trois-quarts, on l’avait envisagé dans l’autre sens. » Impossible de remplacer Rémy Grosso dans le groupe France, qui perdra donc un élément à partir de ce mardi puisque Djibril Camara rejoindra les Barbarians qui jouent vendredi à Christchurch face aux Crusaders. De son côté, Rémy Grosso devrait quitter la Nouvelle-Zélande en milieu de semaine.

Nicolas Augot

Journaliste

Il est arrivé à Midi Olympique en janvier 2006. D'abord basé à Paris, ce natif du Gers a finalement rejoint la rédaction de Toulouse. Pionnier de l'internet sur rugbyrama, cet ex-collaborateur de Attitude Rugby au regard perçant a suivi le quotidien du SU Agen et, depuis août 2013, de l'Aviron bayonnais. Quand il parle, on l'écoute. Le premier journaliste à repérer le talent de Maxime Médard, c'est lui : il en avait fait l'une des personnalités centrales d'un long documentaire consacré à la promotion 2005 du pôle France de Marcoussis.