Dominants physiquement, dans le sillage des Bastareaud, Camara ou Guirado, et très bien organisés sur leur rideau au large, les Bleus confirment la bonne santé de leur défense. De quoi construire l’avenir.

Si la défense est souvent l’aspect d’un projet de jeu le plus rapidement visible, c’est parce qu’elle est finalement plus simple à mettre en place qu’une animation offensive. Ce n’est pas un jugement, juste un constat, que les entraîneurs du Top 14 reprennent en rang d’oignons pour justifier, par le manque de temps, des prestations offensives tout juste passables. Ils ont d’ailleurs raison. Mais la défense est aussi un socle, une fondation, un passage obligé sur lequel on construit tout ce qui vient ensuite. C’est enfin un symbole fort. « La défense, la capacité à répondre à l’engagement proposé par l’adversaire et, si possible, de le dominer, c’est la jauge du caractère d’une équipe », dit régulièrement Franck Azéma. À ce titre, la victoire de samedi, face à l’Angleterre, est porteuse de bien des promesses pour l’avenir.

Cinq essais encaissés en quatre matchs

Elle est aussi la confirmation de ce qui avait été aperçu depuis le début de ce Tournoi : les Bleus ne sont pas seulement durs sur l’homme, défensivement, ils sont aussi très bien organisés. En quatre-vingts minutes de match et la possession quasi exclusive du ballon, les Irlandais n’ont jamais réussi à franchir la ligne d’en-but française, quand ils ont passé huit essais aux Italiens, cinq aux Gallois et quatre aux écossais. Ce samedi, les Anglais, pourtant si véloces, ont eu toutes les peines du monde à déstabiliser le bloc français (deux franchissements et sept défenseurs battus seulement), pour un seul essai seulement. Les Bleus se font notamment rarement prendre en défaut sur les extérieurs, dans un système défensif qui ignore la mode actuelle de la « rush défense », très haut, très vite sur l’adversaire. Et ça marche.
Au total, les Bleus n’ont encaissé que cinq essais en quatre matchs depuis le début de la compétition. Ce qui en fait évidemment la nation la plus efficace dans ce secteur. Une force qui ne suffira pas éternellement mais qui permet déjà de voyager en espérant rivaliser ou, même, l’emporter. Et pourquoi pas dès samedi à Cardiff ?

Léo Faure

Journaliste

Comme en équipe de France, l'aventure a commencé par un stage. Stagiaire, donc, en 2011, Léo fut assez convaincant pour s'inviter en juillet 2012 dans le groupe Midi Olympique, avec un rôle de pigiste. Comme en équipe de France, le mérite est récompensé et ce fils de journaliste fut titularisé en 2014… Curieux, intelligent et doté d'une belle faculté d'analyse, il est passé par l’école de rugby d'Aurillac, puis de Clermont où il était un demi d'ouverture au plaquage électrique. Une erreur d'aiguillage ? Possible : Léo flirte avec les 195 centimètres (le plus grand journaliste de la rédaction) et l’on se dit qu’il aurait très bien pu tutoyer Pascal Papé ou Leo Cullen. Talentueux joueur de squash, il a vécu en Irlande. Aujourd'hui, c'est à Clermont qu'il enquête. Avec respect mais sans concession.