Les Lot-et-Garonnais n’ont pas réussi à faire fructifier leur voyage en terres auvergnates.

Il est forcément rare, pour un promu, de parvenir à marquer quatre essais sur la pelouse du champion de France. Batailleurs, agressifs et joueurs, les Agenais se sont attirés le respect du stade Marcel-Michelin et son public de connaisseurs. Le hic ? C’est que cela, malheureusement, ne rapporte rien. Incapables de ramener le moindre point de leurs voyages depuis le déplacement à Oyonnax, les Lot-et-Garonnais ont encore buté sur cet écueil, ne parvenant pas à grappiller les dix petits centimètres qui les ont séparés du bonus défensif. Forcément râlant pour le deuxième ligne Denis Marchois. « On est le Petit Poucet de ce championnat, qui évolue face à treize grandes équipes. On est fier d’être venu chez le champion de France et parvenir à jouer notre rugby. Mais malgré cela, le sentiment est mitigé. On n’a pas été ridicule, et proposé de belles choses. Mais encore une fois, on ne ramène pas de point… » « Après un match comme celui-ci, il y a d’abord de la colère, prolongeait l’entraîneur Mauricio Reggiardo. De la colère vis-à-vis de nous-mêmes, car on n’a que ce qu’on mérite au rugby. Et si nous ne sommes pas parvenus à accrocher un point de bonus défensif, c’est que nous n’en avons pas encore fait assez… Nous concédons cet essai au bout de quarante secondes, on ne parvient pas à marquer dans les arrêts de jeu, et surtout, nous n’avons pas su nous adapter à l’arbitrage en mêlée fermée… ».

Reggiardo : « On rentre avec des certitudes »

Un secteur qui fut, pour tout dire, le boulet du SUALG, sans lequel il aurait très bien pu envisager de s’imposer à Clermont. Las, le forfait du massif talonneur Ngauamo pesa probablement lourd dans le débat, dont le poids était attendu pour stabiliser l’édifice. Ajoutez à cela un manque de réserves au poste de pilier droit, et la débâcle ne pouvait être évitée, sertie de six pénalités et d’un carton jaune. « C’est impensable de gagner ici en se montrant si peu performant en mêlée, appuyait Marchois. Après, on n’est pas non plus la première équipe à subir dans ce secteur face à Clermont. On a essayé de nous battre avec nos armes, mais c’était difficile de régler ça sur le terrain. »

Toutefois, à défaut de points sonnants et trébuchants, les Agenais se sont rassurés sur l’essentiel, à savoir leur comportement. « On rentre sans point, mais avec plein de certitudes au sujet de notre rugby, enfonçait Reggiardo. Je suis fier que mes joueurs aient respecté le champion de France en lui montrant un beau visage, en n’ayant pas joué petit bras. Nous sommes à notre place en Top14 et si on continue à jouer comme ça, nous allons nous en sortir. » De belles paroles, dont il faudra pourtant vérifier la portée le soir du 23 décembre, dans un contexte autrement plus anxiogène. « Il est certain que cette réception de Brive juste avant Noël s’annonce déjà capitale, souriait Mathieu Lamoulie. On n’aura vraiment pas le droit de se planter. » La faute à cette foutue incapacité à ramener les points qui leur tendent les bras à l’extérieur, que les Lot-et-Garonnais devront aussi corriger s’ils souhaitent s’inventer un avenir en élite.

Nicolas Zanardi

Journaliste

En 2007, le petit Nicolas (172 cm), au journal depuis 2006, a succédé à Jacques Souquet à la tête de la rubrique «technique». Champion de France d'Excellence B avec Voiron en juin 2014, il peut parler avec un talent égal du placement de Chris Masoe en zone 3, de la «rush defense» dont il estime l'apparition fin 2006 aux London Waps ou de la technique aboutie de Richie McCaw et Owen Franks dans l'exercice du contre-ruck. Isérois de naissance, il n'a jamais pardonné à l'arbitre Daniel Salles l'essai accordé au Castrais Gary Whetton en finale du championnat de France, face à Grenoble (14 à 11) en 1993. Il venait d'avoir dix ans...