Troisième ligne du XV de France, Judicaël Cancoriet, sa première sélection avait une saveur toute particulière...

Originaire de la région parisienne, celui qui habitait à deux pas du stade de Sarcelles et a démarré le rugby à l’AASS il y a une grosse dizaine d’années, a porté son premier maillot tricolore avec les « grands » bleus au Stade de France… à quelques kilomètres seulement de sa maison d’enfance. « Pour moi, c’était très fort, mais il ne fallait pas que je sois submergé. J’ai essayé de rapidement basculer sur mon match. J’étais fier de démarrer ma carrière internationale au Stade de France. », sous les yeux de sa famille, de ses amis d’enfance, mais également de « nombreux jeunes du club de Sarcelles ». Une fierté pour cet ambassadeur de la région parisienne, qui force l’admiration de ceux qui l’ont côtoyé : « C’était un gamin pudique, intelligent, avec un socle familial solide. Il était taillé pour le haut niveau. De là à l’imaginer aussi vite aussi haut… J’ai beaucoup d’admiration pour Judi et je pense que nous sommes tous honorés de le voir briller sur les prés », nous confiait, ému, Benoit Romero, qui a coaché Cancoriet en U15 à l’AASS. « J’ai reçu de nombreux sms d’encouragement, et je n’ai pas eu de mal à distribuer les billets avant la rencontre, s’amusait le troisième ligne clermontois. Démarrer dans mon jardin était une opportunité incroyable. » Son jardin, le nom qu’il donne au Stade de France depuis la finale de Top 14 remportée par Clermont en juin dernier ? Que nenni. « C’est surtout parce que j’habite juste à côté ! J’avais de la famille un peu partout dans le stade. Pendant les hymnes ou le match, je ne les ai pas cherchés, j’étais vraiment concentré sur ma performance. Je suis allé les voir une fois la rencontre terminée. »

« Démarrer face aux Blacks à Saint-Denis… »

Il n’aura donc pas démarré au Cape, à Sydney ou même Wellington, mais bien dans son « jardin ». Et si, après avoir suivi un parcours d’excellence et s’être imposé à Clermont, Cancoriet était destiné à rapidement découvrir les joutes internationales, en avoir l’opportunité à quelques pas de son cocon familial a démultiplié les émotions. « Tout le monde se souvient de sa première sélection… Mais là c’est différent. Démarrer face aux Blacks à Saint-Denis, c’est immense. » Et malgré le résultat final, le flanker s’efforcera de voir le verre à moitié plein : « C’était un grand moment, avec un magnifique public. D’un match comme celui-ci, tu ne peux que ressortir grandi. » À lui désormais de faire en sorte que cette sélection soit la première d’une longue série, afin de multiplier les occasions de remonter régulièrement à la capitale ; pour poursuivre sa progression, mais également venir faire des coucous réguliers à sa famille. Toujours est-il que samedi soir, le petit « Judi » de Sarcelles est devenu grand…

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