Toute la semaine, les All Blacks ont mis la France en ébullition. Le jour J ? Pareil ou presque…

«Connaissez-vous une équipe, tout sport confondu, mobilisant autant l’imagination des gens ? Le Barça ? Le Brésil peut-être ? » Graham Henry n’a pas tort. Concernant les All Blacks, l’évidence s’est une nouvelle fois vérifiée la semaine dernière, à Paris. En l’espace de quelques jours, les Tout Noir ont drainé dans leur sillage toute la France du rugby. L’hôtel du Collectionneur, où logeaient les champions du monde dans la capitale, devint huit jours durant l’épicentre de la balle ovale, drôle de carrefour où se croisèrent tour à tour le footballeur Franck Ribéry, les anciennes gloires Dan Carter ou Chris Masoe et, surtout, une marée de quidams guettant les coéquipiers de Kieran Read au retour de l’entraînement, histoire d’arracher une photo, un gribouillage ou mieux, une maigre part du package Adidas. Vendredi midi, près de 400 personnes s’étaient même regroupées devant la Boutique Rugby (boulevard de Clichy) où trois Kiwis pourtant méconnus (le deuxième ligne Patrick Tuipulotu, le flanker Vaea Fifita et le trois-quarts centre Jack Goodhue) s’étaient donnés rendez-vous, dans le but signer à leurs fans une volée d’affiches.

Qui est in, qui est out…

Aussi puissante soit la marque All Blacks, aussi mythique soit-elle, des individualités s’en sont indéniablement affranchies samedi soir, au Stade de France. Le flanker Sam Cane, d’abord. Grand maître des tâches dont personne d’autre ne veut se charger, vrai patron du combat au sol et défenseur hyperactif, le capitaine des Chiefs sauva surtout les siens d’un bien mauvais pas, lorsqu’il reprit par le short Antoine Dupont, alors que le numéro 9 des Bleus filait à l’essai. À ses côtés, Dane Coles légitimait son statut de meilleur talonneur du monde jusqu’à sa sortie du terrain (24e minute) quand Beauden Barrett anima sa ligne à la perfection. Enfin, Ryan Crotty a prouvé à Saint-Denis qu’il incarnait désormais le meilleur pendant de Sonny Bill Williams au centre du terrain : propre sur chacune de ses interventions et auteur d’un essai, le trois-quarts centre des Crusaders fut impérial en défense, lorsqu’il fut question de faire tomber Mathieu Bastareaud.

Marc Duzan

Journaliste

Que se serait-il passé s'il n'avait pas été fustigé par son paternel en 2002, quand il projetait de rester en vivre en Irlande ? Midi Olympique peut remercier Georges : la balade irlandaise terminée, Marc a rejoint la rédaction en 2004. Depuis, de Toulouse à Paris, cet ancien arbitre y exprime son talent multi-facettes. Doté d'un grand sens de l'humour (avec option auto-dérision), il peut avoir tendance à oublier que tout ses interlocuteurs n'ont pas cette qualité… Ceux qui s'attardent avec lui n'ont pas à le regretter : ils découvrent un homme turbulent mais fort d'une grande humanité. Ses articles, parmi lesquels certains sont devenus mythiques, s'en ressentent. C'est lui qui avait retrouvé Nalaga au bout du monde, ou signé le portrait de Jérôme Fillol de retour à Agen quelques jours après le décès de son grand-père, Guy Basquet.