Depuis le mois de janvier, les nouveaux barèmes infligés aux plaquages hauts ont considérablement impacté les techniques de défense, qu’il s’agit de maîtriser plus que jamais avant les phases finales.

Ah, ces commotions… Sujet sensible s’il en est. On ne vous fera pas l’affront de vous rappeler qu’en début d’année, soit en plein cours de saison dans l’hémisphère Nord, World Rugby a mis sur pied un nouveau barème des sanctions, autrement plus sévère, pour sanctionner les plaquages hauts. Une mesure d’urgence dictée fondée sur une étude réalisée entre 2012 et 2015 sur la foi du visionnage de plus de 600 incidents conduisant à des blessures à la tête, lesquelles ont prouvé que 76 % des blessures à la tête surviennent sur les phases de plaquage. Bonne initiative, alors ? Si l’on veut considérer que la protection du joueur doit constituer la préoccupation majeure de l’instance internationale, sans doute. Beaucoup moins, en revanche, si l’on voit d’abord que ce nouveau « barème » modifie considérablement l’essence du jeu en conférant aux arbitres un pouvoir trop important (puisque désormais, même l’interprétation d’un contact accidentel peut mener à une pénalité), et si l’on oublie que sur les 611 blessures constatées, 72 % concernaient les plaqueurs et non les plaqués, la faute à des techniques de plaquage peu au point…

 

Le risque du jeu après contact

Mais peu importe, après tout. Le « mal  » est fait, désormais, et l’on ne pourra jamais reprocher à World Rugby de vouloir lutter contre le fléau des plaquages hauts. Voilà pourquoi, pour les entraîneurs de la défense, il a fallu plancher sur de nouvelles techniques de défense… Un carton jaune, voire rouge, étant désormais si vite arrivé, les défenseurs se doivent désormais de maîtriser plus que jamais leur geste. Et d’autant plus à cette période de la saison, puisqu’en phases finales, la moindre infériorité numérique peut ruiner les efforts de toute une saison… « On s’est retrouvés face à une quadrature du cercle, expliquait l’entraîneur de la défense du XV de la Rose et ex-coach des Saracens Paul Gustard. Ces dernières années, on a beaucoup favorisé les plaquages « au ballon  » pour éviter que l’attaque ne parvienne à jouer après contact. Là, on demande aux défenseurs de plaquer sous le ballon pour ne pas prendre le risque de toucher la tête. Ce qui permet plus facilement aux attaquants de libérer les bras… Voilà pourquoi, c’est plus l’organisation globale de la défense que l’on a revu.  »

 

Généralisation du « chop tackle »

En clair ? Pour éviter le jeu après contact, les défenses cherchent à consommer le minimum de joueurs dans les rucks pour densifier le premier rideau et intervenir plus vite sur les soutiens du porteur de balle, le « point Godwin  » ayant été atteint par l’Italie contre l’Angleterre durant le dernier Tournoi avec le « ruck fantôme ». Reste que cette stratégie n’est généralement pas utilisée pour contourner la règle, mais bien pour agresser l’attaque toujours plus loin derrière la ligne d’avantage sur les relances de jeu. L’objectif? Plaquer très bas pour faire tomber l’attaquant le plus vite possible, et gagner le ballon par le biais d’un contre-ruck. Une technique baptisée « chop tackle » (lire ci-dessous) par les anglophones, bâtie par Shaun Edwards pour le pays de Galles, dont les Saracens se sont inspirés au point d’en faire leur marque de leur wolfpack…

par Simon Valzer

Vous pouvez retrouver un exemple type dans le diaporama ci-dessous : 

  • Mission du premier défenseur : Plaquer très bas pour emmener le joueur au sol. Mission du second : empêcher l’attaquant de libérer ses bras, en le plaquant au niveau du ballon, si possible juste en dessous

  • Le risque de plaquer au-dessus du ballon : la situation de contact avec l’attaquant contraint le défenseur à « glisser » jusqu’à ce que le bras de celui-ci entre en contact avec la tête entraînant donc un plaquage haut passible d'une pénalité.

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