Projet de développement ambitieux mais stabilité et continuité au plan sportif, le Stade Montois gère intelligemment son évolution et espère bien en retirer les bénéfices.

Le Stade montois n’a pas défrayé la chronique rugbystique à l’intersaison. Pas de recrutement clinquant, pas d’annonces intempestives, ce n’est pas le style de la maison. Mais les différentes composantes du club sont au travail. Quand on a un peu moins de pétrole que d’autres, il faut avoir des idées, claires de préférence, et déployer beaucoup d’énergie pour assurer une présence continue au plus haut niveau.

Sur ces dix dernières années, le Stade montois n’y est pas trop mal parvenu. Avec trois finales d’accession, deux demi-finales et deux saisons en Top 14, le club de la préfecture n’a quasiment pas quitté le top 20 du rugby français, et reste un des plus réguliers de Pro D2.

L’objectif est donc, naturellement, de poursuivre dans cette dynamique en faisant évoluer en parallèle le développement structurel et le niveau sportif. Jean-Robert Cazeaux, le président de la SASP, a en charge le premier volet. « Cette saison verra le stade Guy-Boniface continuer sa mue, pour répondre aux exigences du rugby professionnel et obtenir la labellisation de la LNR. La municipalité a lancé un appel d’offres pour la construction d’une nouvelle tribune de 2 500 places (lire échos). Les travaux devraient débuter en novembre, avec une livraison prévue pour juillet 2017. Elle remplacera le gradinage actuel qui va être repositionné dans le virage nord. Nous allons ainsi offrir les meilleures conditions de confort à notre public. Parallèlement, nous allons augmenter l’espace réceptif de 300 m², et équiper le tour du stade de leds pour optimiser la communication de nos partenaires. » Après la construction de l’espace de réception derrière la tribune principale, du pub Jaune et Noir et d’un nouvel espace administratif l’an dernier, l’enceinte montoise aura donc subi en peu de temps de profondes transformations. Le budget, lui, est en légère hausse. « 6,2 millions, c’est deux cent mille euros de plus que la saison passée, sans tenir compte d’une éventuelle participation aux phases finales. Nous avons aussi recruté un directeur commercial qui va nous aider à élargir notre partenariat », ajoute Jean-Robert Cazeaux, qui ne cache pas son ambition de voir son équipe jouer à nouveau le haut du tableau.

Un effectif de qualité

Pour cela, il pourra compter sur un groupe homogène et rajeuni. Christophe Laussucq et son staff ont encore bien travaillé, à l’entame de leur quatrième saison, pour compenser les départs de quelques cadres : « Nous avons choisi des joueurs en devenir, à fort potentiel », explique le manager montois avant d’ajouter : « Nous avons aussi voulu faire signer des contrats de trois ans pour éviter les sollicitations extérieures et avoir la possibilité de bâtir sur la durée. »

Avec 36 joueurs de niveau similaire et 6 jeunes pleins de talent, le Stade montois à de quoi gérer une compétition longue et exigeante. Pour quel résultat au final ? Christophe Laussucq ne se risque pas à un pronostic : « Le Pro D2 est de plus en plus serré chaque saison. Les plus gros budgets seront forcément ambitieux, et la logique voudrait qu’ils soient en haut de tableau. Il faudra donc se battre pour tenter de se mêler à la lutte. Mais, pour cela, il sera nécessaire de réussir un meilleur départ que la saison dernière. »

Malgré cette prudence bien compréhensible, la compétition semble plus ouverte que jamais. Avec son effectif large et sans faille, son expérience et son état d’esprit, le Stade montois peut fonder beaucoup d’espoirs sur cette nouvelle saison.

Par Pierre Baylet

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