L’international sud-africain a livré une partie magistrale face au Racing-Metro. Son jeu au pied a permis aux Parisiens de s’imposer. Il a enfin évolué à son juste niveau.

L’inquiétude sur la capacité de Morné Steyn à maintenir à son apogée le niveau de jeu du Stade français a volé en éclat. C’est la grande nouvelle du week-end, plus grande encore que la qualification presque déjà acquise par la formation parisienne, qui poinçonnera son ticket de départ en phase finale la semaine prochaine même en perdant, à la condition de ne pas laisser à Trinh-Duc et aux siens de bonus offensif. Ce succès fantastique obtenu sur la pelouse de Colombes - « le plus beau, je pense, depuis que je suis entraîneur. Nous avons tous fondu en larmes tellement c’était beau », dira Gonzalo Quesada - a intronisé l’international sud-africain aux soixante sélections dans le cercle des gens qui comptent dans cette équipe en furie. Jules Plisson, blessé, qu’allait devenir son allant collectif ? Hé bien, il a été enrichi d’une nouvelle dimension. La précision assassine de son jeu au pied, celle qui l’a fait roi en Afrique du Sud, Morné Steyn l’a enfin importée en France. Son taux de réussite relativement faible pour un ouvreur de cette dimension ? Sa difficulté à buter de loin ? On plaisantait depuis son arrivée et ses prestations moyennes sur la densité de l’air sud africain sans doute plus favorable à la portée du ballon. C’était ça, Steyn, qui portait les Boks ? Eh oui, c’était ça...

Libéré de la concurrence de Jules Plisson, ce joueur est redevenu, au moment de ce derby francilien, cette machine à balle programmée pour balancer à tout va. Il aura fallu attendre cette neuvième titularisation en dix-huit mois de présence et ce boulevard devant lui créé par la blessure du jeune international français, pour le voir prendre toute sa mesure. « C’est un grand soulagement, a admis Quesada, en produisant un discours de réhabilitation totale. La situation n’était pas facile pour lui jusqu’à présent. Sa première saison n’avait pas été bonne. Il le savait, et on le lui disait. Depuis le début de saison, il avait la pression. À chaque fois qu’il jouait, il devait faire aussi bien que Jules. Car Jules était meilleur. Effectivement, je crois qu’il a profité de cette nouvelle situation pour jouer de façon plus libérée.» Et de quelle liberté il a usé.

L’arme de la chandelle

Lors de cette première mi-temps au coude à coude, marquée par l’exclusion de Sergio Parisse, ses deux pénalités inscrites au-delà de la ligne des cinquante mètres, l’une excentrée sur la droite (9e), l’autre sur la gauche (32e), ont énormément pesé. Sur ces deux mêlées en milieu de terrain pour le Racing-Metro, les deux poussées par les avants parisiens ont fait deux pénalités anodines, et six points inattendus. Sa deuxième réussite a donné l’avantage au Stade français alors que Parisse ruminait son exclusion depuis déjà dix minutes. Quel soulagement à ce moment de la partie ! « S’il ne les met pas, le déroulement du match n’aurait pas été le même », pensait Quesada. Ses chandelles hallucinantes ont largement contribué à maintenir la pression sur le troisième rideau du Racing-Metro. Sous ces coups pieds qui touchent le plafond et retombent sur une croix, à chaque fois, des situations peu favorables au départ sont devenues des duels à 50/50. En infériorité numérique, cette justesse a beaucoup pesé. En défense ? Il a défendu. Cette zone du 10 n’a jamais faibli, quand sa position plus reculée que celle de Plisson n’a pas nui du tout aux lancements de jeu à la main. C’est un grand chef d’orchestre qui a officié. Le Stade français est maintenant rassuré : il pourra défendre complètement ses chances en phases finales. G. C.

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